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Publié le 29 Juin 2016

Reçue par le pape François le 1er mars avec d’autres élus chrétiens de gauche,  Monique Rabin croit à « l’éthique de la discussion ». / Kathleen Rengnet pour La Croix

Reçue par le pape François le 1er mars avec d’autres élus chrétiens de gauche, Monique Rabin croit à « l’éthique de la discussion ». / Kathleen Rengnet pour La Croix

À un an du renouvellement de l’Assemblée nationale, cette élue socialiste, députée de Loire-Atlantique, s’interroge sur l’exercice de son mandat, le fonctionnement des institutions

et les aspirations de la société.

Elle ne fait pas partie des députés qui se précipitent aux Quatre Colonnes, cette salle de l’Assemblée nationale où se rencontrent élus et journalistes pour commenter à chaud l’actualité ou distiller de bons mots. À 62 ans, engagée depuis 1998, Monique Rabin appartient à ce « magma » de parlementaires fidèles, qui ne se font pas remarquer et sur qui le gouvernement peut compter. Sa préoccupation est plutôt de ne pas céder à« un terrorisme de l’immédiateté » et de retrouver « le sens des mots, tous ces mots qui ont perdu du sens : honneur, humanisme, République ».

Comme un symbole de cette fin de la législature – où la représentation nationale et la rue ne se comprennent plus –, les bruits d’une manifestation entrent ce jour-là par les fenêtres de son bureau. La députée socialiste de la 9e circonscription de la Loire-Atlantique s’interroge sur le fossé qui se creuse entre les divers pans de la société. Pas assez de « frottements » entre eux, constate-t-elle, faisant souvent référence à l’économiste Gaël Giraud et au philosophe Bernard Stiegler.

L’honneur d’être élue en 2012

Monique Rabin n’ignore pas les difficultés des Français. Elle reçoit par an 200 à 300 particuliers aux situations sensibles ainsi qu’un flot de courriers électroniques aux termes souvent violents. Pourtant, elle a ressenti « un honneur considérable » quand elle a été élue en 2012 à l’Assemblée nationale, puis quand elle a pressé le bouton pour voter, la première fois. « Et à chaque vote solennel, confie-t-elle, cela me reprend, cet honneur qui me submerge parce qu’un groupe humain m’a envoyée là. »

Sa voix compte, en particulier si le scrutin est serré. Elle a voté contre la déchéance de la nationalité. Et pour le mariage pour tous : « Je l’ai fait parce que, dans l’intérêt de la nation, il fallait le faire. Dans ma circonscription, ils étaient contre. Mais je suis député de la nation. Je m’engage et j’assume. Le vote induit des conséquences politiques, intellectuelles et morales, mais je ne veux pas être le lobby de la circonscription. »

> À LIRE : La loi Sapin 2 contre la corruption à l’Assemblée nationale

Le défaut de pédagogie est, selon Monique Rabin, l’un des motifs du désamour des Français pour la classe politique. « Nous vivons une crise des institutions – le Parlement s’est affaibli –, une crise des partis politiques qui ne sont plus un lieu de réflexion, de débat, et d’éducation populaire, enfin une crise de la République. Nous ne disons pas assez que la République est une appropriation par les citoyens de leurs propres institutions. Cela se trouve exacerbé à l’Assemblée et se traduit dans la fabrique de la loi. »

Lucide sur la place des femmes au Parlement

La députée porte un regard lucide sur le Parlement, sur « la hiérarchie qui y règne, les apparatchiks qui ont plus de chances d’obtenir un rapport, une question ou une commission d’enquête, la parole moins entendue des femmes ». « Je suis devenue féministe ici », insiste-t-elle. Avec « amertume », elle regrette que « la valeur individuelle de chaque personne ne soit pas mise au service du collectif ». Elle assume sa propre « frustration » de ne pas s’être affirmée en chef de file.

Vice-présidente du comité d’évaluation et de contrôle de l’Assemblée nationale, Monique Rabin déplore d’être parfois seule pour entendre un rapport important qui fait le bilan de lois mises en œuvre. Ou que des milliers d’amendements sur les lois Macron et Sapin soient discutés sans étude d’impact. « Je suis partisane du temps long mais j’ai compris définitivement que l’on ne peut pas travailler sur le temps long. » Autre regret : la gauche « n’a pas assez fait le récit de ses réformes alors que la France sera à peu près guérie en 2017 des erreurs du mandat précédent sur le plan budgétaire ».

« Je veux être libre et vraie »

Monique Rabin essaie alors de construire une cohérence autour des sujets qu’elle défend (aide publique au développement, éthique du don du sang), autour des agriculteurs de son département qui travaillent à une « agriculture paysanne vivrière » et de parents d’élèves qui mettent en place une « alterécole ». Membre du club de réflexion Esprit civique, reçue par le pape François le 1er mars avec d’autres élus chrétiens de gauche, elle croit à« l’éthique de la discussion », à la faculté « humaniste » de « donner les moyens de la compréhension, expliquer et savoir vers quelle rive on va accoster ».

La députée veut prendre davantage en compte les aspirations à « une nouvelle société et une nouvelle économie, plus qualitative, où le produit intérieur brut n’est pas l’alpha et l’oméga, où la croissance est terminée et les ressources naturelles se tarissent ». « Toutes les transformations qui nous attendent nécessitent des transformations individuelles permanentes. Et moi, affirme-t-elle, je veux être libre et vraie. Cela change tout quand on décide de l’être. »

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Edmond Hervé, un modèle

« Mon maître à penser, c’est lui, Edmond Hervé, ancien maire de Rennes, déclare Monique Rabin. C’est un modèle qui m’inspire. Je l’ai accompagné et soutenu, j’étais sa collaboratrice parlementaire. L’homme a une éthique au-dessus de tout et une force de travail exceptionnelle. Je l’ai maintes fois vu étudier deux heures à la bibliothèque de l’Assemblée nationale. Il ne menait jamais d’action avant une longue réflexion. Le souci du temps long, de la pauvreté et de la répartition des richesses, c’est lui. Il est aussi d’une très grande fidélité à sa famille politique, et la fidélité compte beaucoup à mes yeux. »

Corinne Laurent

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Publié le 7 Mars 2016

La députée de Loire-Atlantique Monique Rabin a été reçue à Rome par le Pape François, avec des membres d'Esprit civique.

« Il est modeste, bienveillant et humain »

Trois questions à...

Monique Rabin, députée de Loire-Atlantique et vice-présidente d'Esprit civique (1).

Pourquoi avoir rencontré le Pape ?

En tant que députée, j'ai d'abord hésité à aller voir le Pape. Mais ce n'est pas seulement un homme religieux, c'est aussi un homme politique, au sens noble du terme. Sa pensée a une répercussion importante au-delà du monde des croyants. Personnellement, je m'interroge beaucoup sur la place de l'homme au sein de la révolution technologique que nous sommes en train de vivre. Cette rencontre était une chance inouïe d'avoir un regard puissant sur la question de l'humain en 2016.

Peut-on faire de la politique sans idéologie, comme le préconise le Pape ?

Quand le Pape parle d'idéologie, il évoque une démarche simplificatrice qui enferme les gens et les catégorise. Être un idéologue, selon le Pape François, c'est suivre l'exemple des sophistes au temps de Platon, ces orateurs capables de défendre tout et son contraire. Je déteste cette façon politicienne de faire de la politique. Au sein d'Esprit civique, mouvement non confessionnel, nous avons organisé des débats sur la fin de vie ou sur le mariage universel en accueillant tous les points de vue.

Vous qui êtes une femme de gauche, le Pape est-il un homme de gauche ?

Je ne sais pas si le Pape est un homme de gauche. En revanche, durant cette audience, j'ai vu un homme modeste, bienveillant et humain. Il est venu serrer la main à chacun, et s'est assis parmi nous. Aujourd'hui, le mot humanisme est galvaudé. En tant que femme de gauche, il me semble important de penser des politiques publiques à partir des problèmes des plus faibles de notre société. Le Pape François est cohérent en actions et en paroles. C'est cette vision de la politique que je porte.



(1) cercle de réflexion non confessionnel qui regroupe des élus mais aussi des personnes de la société civile.

 

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Publié le 7 Mars 2016

Monique Rabin, à côté du Pape François, le 1er mars, à Rome. | « Il est modeste, bienveillant et humain »
Monique Rabin, à côté du Pape François, le 1er mars, à Rome. | « Il est modeste, bienveillant et humain »Monique Rabin, à côté du Pape François, le 1er mars, à Rome. | « Il est modeste, bienveillant et humain »

Monique Rabin, à côté du Pape François, le 1er mars, à Rome. | « Il est modeste, bienveillant et humain »

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Publié le 4 Mars 2016

 

Monique Rabin, députée socialiste de la 9ème circonscription de Loire-Atlantique

Une discussion à bâtons rompus d’une heure et demie avec le pape François…

Voilà ce qu’ont vécu une trentaine de français mardi dernier au Vatican.

Une audience privée accordée à des membres des Poissons Roses, le mouvement de chrétiens de gauche et du groupe de réflexion politique « Esprit Civique ».

Dans cette délégation, une députée de Loire-Atlantique : la socialiste Monique Rabin.

Pour entendre l'émission 

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